
Alors que le froid paralyse notre quotidien parisien, Maison Camiba vous transporte au niveau de l’Equateur, le temps d’une interview. A l’image de la ligne imaginaire qui représente le lieu de rencontre entre les deux hémisphères, Equateur fusionne les styles et les époques à la recherche d’un son mélodieux et aéré. Rencontre avec Charles et Romain qui composent ce duo, deux musiciens très sympathiques en plus d’être talentueux.
M.C. : Si vous deviez vous présenter en quelques mots ou quelques lignes, que diriez-vous?
C : Equateur c’est un groupe de Pop Electro parisien. On compose des titres à mi-chemin entre sonorités électroniques et thèmes mélodiques faisant référence à des musiques de films, plutôt de science fiction. Notre particularité c’est aussi ce mélange de voix masculines.
M.C. : Comment vous êtes vous rencontrés tous les deux?
C : Par le biais d’un ami en commun, il nous a présenté lors d’une soirée. C’est lors de notre deuxième rencontre que Romain m’a fait écouter quelques démos qui trainaient sur son Ipod. On a alors commencé à parler musique et un déclic s’est produit. On est resté des heures enfermés chez nous à parler de sons et à partager nos avis autour de nos démos respectives. On trouvait de bonnes choses dans chacun de nos projets.
M.C. : Comment en êtes-vous arrivés à ce projet? Quelle est la genèse d’Equateur? Et de quoi avez-vous envie avec ce nouveau groupe?
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R: On s’est aperçu que l’on avait des goûts musicaux en commun et que Charles n’était pas non plus cantonné à un seul registre… qu’il aimait produire des sons Electro, mais aussi des choses plus Pop, teintées New Wave ou encore Chillwave. On a voulu capter cette créativité dans un projet commun, c’est cette synthèse que représente aujourd’hui Equateur.
C : Très vite nos échanges musicaux nous ont inspiré des mélodies, des paroles, on s’est amusé à faire des sons à deux. On a rapidement eu envie de créer un univers, de définir des frontières sonores et visuelles, la symbolique et le côté aérien nous a conduit à proposer notre vision sous le nom d’Equateur.
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M.C. : Où avez-vous enregistré ce premier morceau? Seuls? En studio ou à la maison?
C: Romain est arrivé un jour dans mon appartement avec les accords de « Haunted » et ces voix aériennes qui élèvent le refrain. Le morceau s’est fait quasi instantanément à partir de cette première écoute. On s’est contenté d’ajouter une rytmique, de la guitare, et on s’est amusé à faire un thème final symphonique qui permet d’emporter le morceau vers d’autres portes et de lui donner un ton progressif.
Pour ce qui est du mix final, on a eu la chance de rencontrer François Gautier. Il a eu un coup de coeur pour ce morceau et a décidé de le mixer dans son studio dans le complexe Omega.
M.C. : Quand on vous écoute, on entend une pop synthétique très eighties dans le son. Comment qualifieriez-vous votre musique de votre côté? Quelles sont les influences que vous revendiqueriez? C’est Thomas Rhazi qui a réalisé le clip de Hunted. Racontez nous comment ça s’est passé.
R: On est tous les deux attirés par les thèmes puissants que l’on peut retrouver chez Vangelis ou Moroder. Toute les inspirations lyriques très mélancolique issu de la New Wave et de la Post Punk anglais sont aussi des références que l’on a en commun. Je crois que nos influences eighties voir seventies, n’aident en rien.
C : Il y a des sons très fun et joyeux dans la New Wave, que l’on apprécie tous, mais je crois être plus attiré et inspiré par des mélodies qui ne présagent rien de bon, où l’on sent une certaine tension dans une ambiance romancée et mélodieuse…
Romain a fait la connaissance de Thomas, qui a réalisé ce premier clip, c’était une aventure profonde et commune car c’était également son premier clip en tant que réalisateur. Il nous a vraiment motivé, et a travaillé d’arrache pied pour faire naître ce clip, trouver une boite de prod, l’équipe du tournage… C’était déterminant pour notre projet, il contribue par ce biais à nous faire connaître auprès des professionnels et du public.
M.C. : Sur la scène parisienne, comment vous situez vous? Êtes vous en contact avec d’autres groupes ou artistes? Desquels vous sentez vous proches? Vos ambitions pour “Haunted”?
C: La scène parisienne et la scène française globalement regorge de très bons artistes, nous sommes gâtés. On a un immense respect pour tous ces groupes français comme Air, Phoenix ou M83 qui ont su traverser les frontières hexagonales avec des morceaux emblématiques. On connait très bien Minitel Rose et Futur. A l’époque ou je commençais à m’intéresser de près à la musique et à produire des sons dans cet esprit. De leur côté, ils débutaient leur ascension avec un excellent premier EP « The French Machine« . J’ai découvert grâce à eux le collectif Valerie, ça a été une révélation. Cette effervescence de très bons artistes (College, Anoraak, Moulinex…) m’a clairement dopé pour continuer dans cette voie.
R: Je pense qu’il est difficile de s’imposer aujourd’hui sur une scène en constante mutation, et qui n’apporte souvent qu’une reconnaissance bien éphémère. On essaie d’apporter un son différent de ce qui se fait aujourd’hui, par un mélange des genres. Pour « Haunted » nos espérances sont simples, on veut juste que notre morceau soit écouté par le plus grand nombre. C’est un premier single qui annonce un EP sur lequel nous travaillons en ce moment.
M.C. : On vous retrouve bientôt au Curio Parlor pour un djset. Un mot sur la soirée? D’autres projets, vos actualités?
C : Notre Dj Set au Curio Parlor sera l’occasion de partager notre univers, les références qui nous habitent, nos nouvelles découvertes musicales… L’EP d’Haunted sortira courant mars avec entre autre des remix de Pegase, Neus, et deux artistes de Non Records!
R: Un second Dj Set est prévu au club Mister Wang courant avril chez nos amis belges. Enfin une mixtape gratuite sera disponible sur le collectif d’artistes que j’ai co-fondé avec Jean-Charles Couderc auteur de l’artwork d’ Haunted, sur le site www.nouvellenewwave.com.

EQUATEUR – Haunted
Cliquez sur le pochette de disque pour acheter le titre sur Itunes. Propos recueillis par Julien G.